Les potins des piplettes

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 Nouvelles à chutes

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Fabounette
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Mer 3 Sep - 15:51

cénolou a écrit:
tatiana fabounette je compte sur vous pour la prochaine ! lol!

Ok je ferai mon possible...selon mon emploi du temps!
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babelay
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Ven 5 Sep - 13:22

Bravo à Cécile et Kareen , trop fortes les filles ! J'y aurais jamais pensé.

Bon j'attends la prochaine avec impatience, j'adore anna Gavalda ! mais j'en ai déjà lu pas mal Laughing
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aurélie
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Lun 8 Sep - 11:39

Bravo les filles !!!!!!!
moi aussi j'attend la suivante
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 12:41

Une petite autre pour la route :

c'est une nouvelle de Claude Bourgeyx :
Lucien était douillettement recroquevillé sur
lui-même. C'était là une position qu'il lui
plaisait de prendre. Il ne s'était jamais senti aussi heureux
de vivre, aussi détendu. Tout son corps était au repos
et lui semblait léger. Léger comme une plume, comme un
soupir. Comme une inexistence. C'était comme s'il flottait
dans l'air ou peut-être dans l'eau. Il n'avait absorbé
aucune drogue, usé d'aucun artifice pour accéder
à cette plénitude(1) des sens. Lucien était bien
dans sa peau. Il était heureux de vivre. Sans doute
était-ce un bonheur un peu égoïste.

Une nuit, le malheureux fut réveillé par des
douleurs épouvantables. Il se sentit comme serré dans
un étau, écrasé par le poids de quelque
fatalité. Quel était donc ce mal qui lui fondait dessus
! Et pourquoi sur lui plutôt que sur un autre ? Quelle punition
lui était là infligée ? C'était comme si
on l'écartelait, comme si on brisait ses muscles à
coups de bâton. " Je vais mourir ", se dit-il.

La douleur était telle qu'il ferma les yeux et s'y
abandonna. Il était incapable de résister à ce
flot qui le submergeait, à ce courant qui l'entraînait
loin de ses rivages familiers. Il n'avait plus la force de bouger.
C'était comme si un carcan(2) l'emprisonnait de la tête
aux pieds. Il se sentait attiré vers un inconnu qui
l'effrayait déjà. Il lui sembla entendre une musique
abyssale(3). Sa résistance faiblissait.

Le néant l'attirait vers lui.

Un étrange sentiment de solitude l'envahit alors. Il
était seul dans son épreuve, terriblement seul.
Personne ne pouvait l'aider. C'était en solitaire qu'il lui
fallait franchir le passage. Il ne pouvait en être
autrement.

Ses tempes battaient, sa tête était traversée
d'ondes douloureuses. Ses épaules s'enfonçaient dans
son corps. " C'est la fin ", se dit-il encore. Il lui était
impossible de faire un geste.

Un moment, la douleur fut si forte qu'il crut perdre la raison et
soudain ce fut comme un déchirement en lui. Un éclair
l'aveugla. Non, pas un éclair, une intense et durable
lumière plus exactement. Un feu embrasa ses poumons. Il poussa
un cri strident
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 12:41

il manque quelques lignes ... à vous de voir !
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kareen
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 13:33

J'y réfléchis, pour le moment je vois pas... pourquoi y'a des numéros dans le texte ?

_________________
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Tatiana
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:37

des extra terrestes apparut pour le monter dans leur engins et par plein de manipulations il en ressorti de lucien, une petite bille. Et soudainement Lucien, ne sentait plus de douleurs mais ne savait pas a quoi s'attendre par la suite!

Du n'importe quoi ce que je raconte!!!!!!!!!!!
Je vais y reflechir plus serieusement
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:40

kareen a écrit:
J'y réfléchis, pour le moment je vois pas... pourquoi y'a des numéros dans le texte ?


lol! en fait c'était un sujet d'exam que j'ai repompé : il y avait des notes sur le voca diificle ! lol! désolée Embarassed
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:41

Tatiana a écrit:
des extra terrestes apparut pour le monter dans leur engins et par plein de manipulations il en ressorti de lucien, une petite bille. Et soudainement Lucien, ne sentait plus de douleurs mais ne savait pas a quoi s'attendre par la suite!

Du n'importe quoi ce que je raconte!!!!!!!!!!!
Je vais y reflechir plus serieusement


lol! euh c'est pas ça mdr
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Fabounette
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:45

Et il se réveilla car il y avait le feu chez lui...

ou sa mère venait d'ouvrir les volets et les rayons du soleil l'ont ébloui. Il était plus que temps de se lever!
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:48

Fabounette a écrit:
Et il se réveilla car il y avait le feu chez lui...

ou sa mère venait d'ouvrir les volets et les rayons du soleil l'ont ébloui. Il était plus que temps de se lever!


ça aurait pu ... mais non ..
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Fabounette
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:50

Tant pis, je vais réfléchir à autre chose alors...
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 16:51

lol! ok dac
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cat
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Sam 8 Nov - 17:51

il était douillettement installé dans le ventre de sa mère et tout à coup, des contractions lui ont annoncé que c'était l'heure de sortir !
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mamouna
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Dim 9 Nov - 8:58

j'avais la même idée que cat...
"d'un seul coup un froid glacial lui gifla le visage, ses poumons se remplirent d'air, du bruit cinglant lui arrachait les tympan.... Il cru la fin du monde arrive, lorsque tout à coup il se retrouva doucement lové sur une peau qui ne lui était pas inconnu, cette odeur était rassurante et le sein qu'on lui présentait était si moelleux, agréable et apaisant que là il se dit que cette fin du monde n'était en fait que le début d'une nouvelle et longue vie..."
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Tatiana
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Dim 9 Nov - 9:32

bonne idée les filles
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Dim 9 Nov - 19:12

roooo génial Mamouna, tu dverais te mettre à écrire !

Bon ben voilà en tout cas : à cat et mamouna qui ont trouvé la solution , je vais vous chercher la vraie fin !
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Dim 9 Nov - 19:13

En le tirant la sage femme
s’exclama : « C’est un garçon ! «



Lucien était né.
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cénolou
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 14:34

allez on continue avec un classique de La nouvelle à chute :

La Parure de Guy de Maupassant ...

C'était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme
par une erreur du destin, dans une famille d'employés. Elle n'avait
pas de dot, pas d'espérances, aucun moyen d'être connue, comprise,
aimée, épousée par un homme riche et distingué;
et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l'Instruction
publique.

Elle fut simple, ne pouvant être parée, mais malheureuse comme
une déclassée; car les femmes n'ont point de caste ni de race,
leur beauté, leur grâce et leur charme leur servant de naissance
et de famille. Leur finesse native, leur instinct d'élégance,
leur souplesse d'esprit sont leur seule hiérarchie, et font des filles
du peuple les égales des plus grandes dames.

Elle souffrait sans cesse, se sentant née pour toutes les délicatesses
et tous les luxes. Elle souffrait de la pauvreté de son logement,
de la misère des murs, de l'usure des sièges, de la laideur
des étoffes. Toutes ces choses, dont une autre femme de sa caste
ne se serait même pas aperçue, la torturaient et
I'indignaient. La vue de la petite Bretonne qui faisait son humble ménage
éveillait en elle des regrets désolés et des rêves
éperdus. Elle songeait aux antichambres nettes, capitonnées
avec des tentures orientales, éclairées par de hautes torchères
de bronze, et aux deux grands valets en culotte courte qui dorment dans
les larges fauteuils, assoupis par la chaleur lourde du calorifère.
Elle songeait aux grands salons vêtus de soie ancienne, aux meubles
fins portant des bibelots inestimables, et aux petits salons coquets parfumés,
faits pour la causerie de cinq heures avec les amis les plus intimes, les
hommes connus et recherchés dont toutes les femmes envient et désirent
l'attention.

Quand elle s'asseyait, pour dîner, devant la table ronde couverte
d'une nappe de trois jours, en face de son mari qui découvrait la
soupière en déclarant d'un air enchanté: «Ah!
le bon pot-au-feu! je ne sais rien de meilleur que cela, elle songeait aux
dîners fins, aux argenteries reluisantes, aux tapisseries peuplant
les murailles de personnages anciens et d'oiseaux étranges au milieu
d'une forêt de féerie; elle songeait aux plats exquis servis
en des vaisselles merveilleuses, aux galanteries chuchotées et écoutées
avec un sourire de sphinx, tout en mangeant la chair rose d'une truite ou
des ailes de gélinotte.

Elle n'avait pas de toilettes, pas de bijoux, rien. Et elle n'aimait que
cela; elle se sentait faite pour cela. Elle eût tant désiré
plaire, être enviée, être séduisante et recherchée.

Elle avait une amie riche, une camarade de couvent qu'elle ne voulait plus
aller voir, tant elle souffrait en revenant. Et elle pleurait pendant des
jours entiers, de chagrin, de regret, de désespoir et de détresse.


Or, un soir, son mari rentra, l'air glorieux et tenant à la main
une large enveloppe.

-Tiens, dit-il, voici quelque chose pour toi.

Elle déchira vivement le papier et en tira une carte qui portait
ces mots:

"Le ministre de l'Instruction publique et Mme Georges Ramponneau prient
M. et Mme Loisel de leur faire l'honneur de venir passer la soirée
à l'hôtel du ministère, le lundi 18 janvier."

Au lieu d'être ravie, comme l'espérait son mari, elle jeta
avec dépit l'invitation sur la table, murmurant:

- Que veux-tu que je fasse de cela?

- Mais, ma chérie, je pensais que tu serais contente. Tu ne sors
jamais, et c'est une occasion, cela, une belle! J'ai eu une peine infinie
à l'obtenir. Tout le monde en veut; c'est très recherché
et on n'en donne pas beaucoup aux employés. Tu verras là tout
le monde officiel.

Elle le regardait d'un oeil irrité, et elle déclara avec impatience:


- Que veux-tu que je me mette sur le dos pour aller là?

Il n'y avait pas songé; il balbutia:

- Mais la robe avec laquelle tu vas au théâtre. Elle me semble
très bien, à moi...

Il se tut, stupéfait, éperdu, en voyant que sa femme pleurait.
Deux grosses larmes descendaient lentement des coins des yeux vers les coins
de la bouche; il bégaya:

- Qu'as-tu? qu'as-tu?

Mais, par un effort violent, elle avait dompté sa peine et elle répondit
d'une voix calme en essuyant ses joues humides:

- Rien. Seulement je n'ai pas de toilette et par conséquent, je ne
peux aller à cette fête. Donne ta carte à quelque collègue
dont la femme sera mieux nippée que moi.

Il était désolé. Il reprit:

- Voyons, Mathilde. Combien cela coûterait-il, une toilette convenable,
qui pourrait te servir encore en d'autres occasions, quelque chose de très
simple?

Elle réfléchit quelques secondes, établissant ses comptes
et songeant aussi à la somme qu'elle pouvait demander sans s'attirer
un refus immédiat et une exclamation effarée du commis économe.

Enfin, elle répondit en hésitant:

- Je ne sais pas au juste, mais il me semble qu'avec quatre cents francs
je pourrais arriver.

ll avait un peu pâli, car il réservait juste cette somme pour
acheter un fusil et s'offrir des parties de chasse, l'été
suivant, dans la plaine de Nanterre, avec quelques amis qui allaient tirer
des alouettes, par là, le dimanche.

Il dit cependant:

- Soit. Je te donne quatre cents francs. Mais tâche d'avoir une belle robe.



Le jour de la fête approchait, et Mme Loisel semblait triste,
inquiète, anxieuse. Sa toilette était prête cependant.
Son mari lui dit un soir:

- Qu'as-tu? Voyons, tu es toute drôle depuis trois jours.

Et elle répondit:

- Cela m'ennuie de n'avoir pas un bijou, pas une pierre, rien à mettre
sur moi. J'aurai l'air misère comme tout. J'aimerais presque mieux
ne pas aller à cette soirée.

Il reprit:

- Tu mettras des fleurs naturelles. C'est très chic en cette saison-ci.
Pour dix francs tu auras deux ou trois roses magnifiques.

Elle n'était point convaincue.

- Non... il n'y a rien de plus humiliant que d'avoir l'air pauvre au milieu
de femmes riches.

Mais son mari s'écria:

- Que tu es bête! Va trouver ton amie Mme Forestier et demande-lui
de te prêter des bijoux. Tu es bien assez liée avec elle pour
faire cela.

Elle poussa un cri de joie.

- C'est vrai. Je n'y avais point pensé.

Le lendemain, elle se rendit chez son amie et lui conta sa détresse.
Mme Forestier alla vers son armoire à glace, prit un large coffret,
l'apporta, l'ouvrit, et dit à Mme Loisel:

- Choisis, ma chère.

Elle vit d'abord des bracelets, puis un collier de perles, puis une croix
vénitienne, or et pierreries, d'un admirable travail. Elle essayait
les parures devant la glace, hésitait, ne pouvait se décider
à les quitter, à les rendre. Elle demandait toujours:

- Tu n'as plus rien d'autre?

- Mais si. Cherche. Je ne sais pas ce qui peut te plaire.

Tout à coup elle découvrit, dans une boîte de satin
noir, une superbe rivière de diamants; et son coeur se mit à
battre d'un désir immodéré. Ses mains tremblaient en
la prenant. Elle l'attacha autour de sa gorge, sur sa robe montante. et
demeura en extase devant elle-même.

Puis, elle demanda, hésitante, pleine d'angoisse:

- Peux-tu me prêter cela, rien que cela?

- Mais oui, certainement.

Elle sauta au cou de son amie, l'embrassa avee emportement, puis s'enfuit
avec son trésor.


Le jour de la fête arriva. Mme Loisel eut un succès. Elle
était plus jolie que toutes, élégante, gracieuse, souriante
et folle de joie. Tous les hommes la regardaient, demandaient son nom, cherchaient
à être présentés. Tous les attachés du
cabinet voulaient valser avec elle. Le Ministre la remarqua.

Elle dansait avec ivresse, avec emportement, grisée par le plaisir,
ne pensant plus à rien, dans le triomphe de sa beauté, dans
la gloire de son succès, dans une sorte de nuage de bonheur fait
de tous ces hommages, de toutes ces admirations, de tous ces désirs
éveillés, de cette victoire si complète et si douce
au coeur des femmes.

Elle partit vers quatre heures du matin. Son mari, depuis minuit, dormait
dans un petit salon désert avec trois autres messieurs dont les femmes
s'amusaient beaucoup.

Il lui jeta sur les épaules les vêtements qu'il avait apportés
pour la sortie, modestes vêtements de la vie ordinaire, dont la pauvreté
jurait avec l'élégance de la toilette de bal. Elle le sentit
et voulut s'enfuir, pour ne pas être remarquée par les autres
femmes qui s'enveloppaient de riches fourrures.

Loisel la retenait:

- Attends donc. Tu vas attraper froid dehors. Je vais appeler un fiacre.


Mais elle ne l'écoutait point et descendait rapidement l'escalier.
Lorsqu'ils furent dans la rue, ils ne trouvèrent pas de voiture;
et ils se mirent à chercher, criant après les cochers qu'ils
voyaient passer de loin.

Ils descendaient vers la Seine, désespérés, grelottants.
Enfin, ils trouvèrent sur le quai un de ces vieux coupés noctambules
qu'on ne voit dans Paris que la nuit venue, comme s'ils eussent été
honteux de leur misère pendant le jour.

Il les ramena jusqu'à leur porte, rue des Martyrs, et ils remontèrent
tristement chez eux. C'était fini, pour elle. Et il songeait, lui,
qu'il lui faudrait être au Ministère à dix heures.

Elle ôta les vêtenoents dont elle s'était enveloppé
les épaules, devant la glace, afin de se voir encore une fois dans
sa gloire. Mais soudain elle poussa un cri. Elle n'avait plus sa rivière
autour du cou!

Son mari, à moitié dévêtu déjà,
demanda:

- Qu'est-ce que tu as?

Elle se tourna vers lui, affolée:

- J'ai... j'ai... je n'ai plus la rivière de Mme Forestier.

Il se dressa, éperdu:

- Quoi!... comment!... Ce n'est pas possible!

Et ils cherchèrent dans les plis de la robe, dans les plis du manteau,
dans les poches, partout. Ils ne la trouvèrent point.

Il demandait:

- Tu es sûre que tu l'avais encore en quittant le bal?

- Oui, je l'ai touchée dans le vestibule du Ministère.

- Mais si tu l'avais perdue dans la rue, nous l'aurions entendue tomber.
Elle doit être dans le fiacre.
- Oui. C'est probable. As-tu pris le numéro?

- Non. Et toi, tu ne l'as pas regardé?

- Non.

Ils se contemplaient atterrés. Enfin Loisel se rhabilla.

- Je vais, dit-il, refaire tout le trajet que nous avons fait à pied,
pour voir si je ne la retrouverai pas.

Et il sortit. Elle demeura en toilette de soirée, sans force pour
se coucher, abattue sur une chaise, sans feu, sans pensée.

Son mari rentra vers sept heures. Il n'avait rien trouvé.

Il se rendit à la Préfecture de police, aux journaux, pour
faire promettre une récompense, aux compagnies de petites voitures,
partout enfin où un soupçon d'espoir le poussait.

Elle attendit tout le jour, dans le même état d'effarement
devant cet affreux désastre.

Loisel revint le soir, avec la figure creusée, pâlie; il n'avait
rien découvert.

- Il faut, dit-il, écrire à ton amie que tu as brisé
la fermeture de sa rivière et que tu la fais réparer. Cela
nous donnera le temps de nous retourner.

Elle écrivit sous sa dictée.


Au bout d'une semaine, ils avaient perdu toute espérance.

Et Loisel, vieilli de cinq ans, déclara:

- Il faut aviser à remplacer ce bijou.

Ils prirent, le lendemain, la boîte qui l'avait renfermé, et
se rendirent chez le joaillier, dont le nom se trouvait dedans. Il consulta
ses livres:

- Ce n'est pas moi, madame, qui ai vendu cette rivière; j'ai dû
seulement fournir l'écrin.

Alors ils allèrent de bijoutier en bijoutier, cherchant une parure
pareille à l'autre, consultant leurs souvenirs, malades tous deux
de chagrin et d'angoisse.

Ils trouvèrent, dans une boutique du PalaisRoyal, un chapelet de
diamants qui leur parut entièrement semblable à celui qu'ils
cherchaient. Il valait quarante mille francs. On le leur laisserait à
trente-six mille.

Ils prièrent donc le joaillier de ne pas le vendre avant trois jours.
Et ils firent condition qu'on le reprendrait pour trente-quatre mille francs,
si le premier était retrouvé avant la fin de février.

Loisel possédait dix-huit mille francs que lui avait laissés
son père. Il emprunterait le reste.

Il emprunta, demandant mille francs à I'un, cinq cents à l'autre,
cinq louis par-ci, trois louis par-là. Il fit des billets, prit des
engagements ruineux, eut affaire aux usuriers, à toutes les races
de prêteurs. Il compromit toute la fin de son existence, risqua sa
signature sans savoir même s'il pourrait y faire honneur, et, épouvanté
par les angoisses de l'avenir, par la noire misère qui allait s'abattre
sur lui, par la perspective de toutes les privations physiques et de toutes
les tortures morales, il alla chercher la rivière nouvelle, en déposant
sur le comptoir du marchand trente-six mille francs.

Quand Mme Loisel reporta la parure à Mme Forestier, celle-ci lui
dit, d'un air froissé:

- Tu aurais dû me la rendre plus tôt, car je pouvais en avoir
besoin.

Elle n'ouvrit pas l'écrin, ce que redoutait son amie. Si elle s'était
aperçue de la substitution, qu'auraitelle pensé? qu'aurait-elle
dit? Ne l'aurait-elle pas prise pour une voleuse?


Mme Loisel connut la vie horrible des nécessiteux. Elle prit
son parti, d'ailleurs, tout d'un coup, héroïquement. Il fallait
payer cette dette effroyable. Elle payerait. On renvoya la bonne; on changea
de logement; on loua sous les toits une mansarde.

Elle connut les gros travaux du ménage, les odieuses besognes de
la cuisine. Elle lava la vaisselle, usant ses ongles roses sur les poteries
grasses et le fond des casseroles. Elle savonna le linge sale, les chemises
et les torchons, qu'elle faisait sécher sur une corde; elle descendit
à la rue, chaque matin, les ordures, et monta l'eau, s'arrêtant
à chaque étage pour souffler. Et, vêtue comme une femme
du peuple, elle alla chez le fruitier, chez l'épicier, chez le boucher,
le panier au bras, marchandant, injuriée, défendant sou à
sou son misérable argent.

Il fallait chaque mois payer des billets, en renouveler d'autres, obtenir
du temps.

Le mari travaillait, le soir, à mettre au net les comptes d'un commercant,
et la nuit, souvent, il faisait de la copie à cinq sous la page.

Et cette vie dura dix ans.

Au bout de dix ans, ils avaient tout restitué, tout, avec le taux
de l'usure, et l'accumulation des intérêts superposés.

Mme Loisel semblait vieille, maintenant. Elle était devenue la femme
forte, et dure, et rude, des ménages pauvres. Mal peignée,
avec les jupes de travers et les mains rouges, elle parlait haut, lavait
à grande eau les planchers. Mais parfois, lorsque son mari était
au bureau, elle s'asseyait auprès de la fenêtre, et elle songeait
à cette soirée d'autrefois, à ce bal où elle
avait été si belle et si fêtée.

Que serait-il arrivé si elle n'avait point perdu cette parure? Qui
sait? qui sait? Comme la vie est singulière, changeante! Comme il
faut peu de chose pour vous perdre ou vous sauver!

Or un dimanche,
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kareen
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 19:32

Mme Forestier vient lui rendre visite et lui dit que la parure était une fausse lol!

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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 20:11

Elle rencontre Mme Forestier, lui avoue tout et Mme Forestier lui dit que c'était une fausse... Dommage...10 ans d'endettement pour rien!
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 20:23

J'allais répondre comme Fabounette et Kareen mais c'est trop "gros"?
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cat
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 20:38

elle reçoit un courrier d'avocat. Mme forestier est morte et elle a fait un testament dans lequel elle lui lègue sa parure de diamants.

Je sais, c'est un peu fou mais bon !!!
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kareen
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 20:45

Pas mal non plus ton idée Cat. Mais j'aime bien aussi nos propositions à Fabounette et à moi, c'est vrai que c'est gros mais c'est bien dans le genre de Maupassant... on verra bien, suspens !

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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   Jeu 20 Nov - 20:46

Maupassant a l'art et la manière de retourner les situations...
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MessageSujet: Re: Nouvelles à chutes   

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